Partager l'article ! Egalité et moyens d'accès au pouvoir: J’ai longtemps pensé qu’il fallait s’opposer avec la plus ...
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J’ai longtemps pensé qu’il fallait s’opposer avec la plus grande force à toutes les personnes qui entendaient s’approprier le pouvoir par la force : putches, coups d’Etat, etc. Je maintenais que l’accession au pouvoir devait l’être par les élections. Je pensais que les opposants, notamment en Afrique ne faisant pas toujours ce qu’il fallait pour gagner le pouvoir par les urnes et certains parmi eux préféraient s’aventurer dans des coups de force. Je les désapprouvai tous, même quand le gouvernant était particulièrement faible. Pourquoi, parce que cela ouvrait des précédents (et donc l’instabilité chronique), et que bien souvent (quasiment toujours) les idéaux vantés qui faisaient lever les foules n’étaient que des prétextes pour devenir le nouveau tyran. Combien de putchistes ne se sont ils pas révélés pires que le chef d’Etat renversé ?
Aujourd’hui je revisite cette réflexion à la lumière de l’égalité entre hommes telle qu’elle a été définie sur ce blog (voir [Les hommes sont égaux: Définition] et les autres articles de la rubrique [Egalité ]). C’est le sujet du présent article.
Dans un précédent article sur le sujet [Egalité et systèmes politiques... ], nous avions dit que nous pensions que la démocratie était le système le plus égalitaire. Parce que c’est le système qui consacrait le fait que chacun ne valait ni plus ni moins que l’autre. Ce n’était pas un système qui consacrait le meilleur. C’est un système qui consacrait le fait que celui qui était élu était le choix du plus grand nombre. Donc celui qui avait la légitimité. Parce que chacun ne valait ni plus ni moins que l’autre.
Examinons maintenant d’où peut provenir la légitimité dans les autres systèmes (dictature ou monarchie non parlementaire).
La légitimité du chef ne vient pas du fait qu’il est le meilleur. Il a eu son pouvoir par naissance ou par la force. Il n’a passé aucun test qui prouve qu’il est le meilleur. On constate d’ailleurs la piètre qualité de bon nombre d’entre eux, c’est ce qui fait qu’il arrive qu’il y ait des mécontents qui souhaite son renversements (Tunisie, Egypte, Bahreïn, Syrie, Yémen, etc.).
La légitimité du chef ne vient pas du fait qu’il est le plus aimé ou celui que son peuple a choisi. C’est la démocratie qui permet cela. Or en absence de démocratie, comment savoir qu’il est soutenu. Si les gens descendent dans la rue pour le soutenir, mais que les opposants sont tabassés s’ils essaient, comment savoir que le chef est légitime ? Il n’y a que les élections démocratiques qui le permettent. Et par définition, il n’y en a pas dans les systèmes dont nous parlons.
Nous sommes forcés de conclure que sa légitimité vient uniquement du fait qu’il soit le plus fort. C’est lui qui a eu les troupes et appuis suffisamment forts pour prendre le pouvoir. C’est lui qui a l’armée et les appuis suffisamment fort pour mater les rebellions et les tentatives de putch. C’est toujours lui qui met en place l’appareil d’Etat qui terrorisera la population. C’est uniquement de là que vient sa légitimité. De la force.
Si on revient au sujet du jour, pour le péquin moyen qui veut lui aussi accéder au pouvoir, que lui reste-t-il donc à faire ? Nécessairement à trouver les voies et moyens de devenir le plus fort, puisqu’en dictature, la légitimité vient de la force. Parce que si on est égaux, n’importe qui a le droit de vouloir être le chef. En démocratie, les électeurs choisissent le chef et les autres attendent. En dictature, pour être le chef il faut être le plus fort. Il est légitime d’employer les moyens et appuis vous permettant d’être le plus fort. Parce que nous sommes égaux, et que chacun a le droit de vouloir être le chef. On se rend donc compte que, si nous sommes égaux, les seuls responsables des coups de force sont les tyrans qui ont mis en place ou fait perdurer le système qui consacre la force comme moyen d’accès au pouvoir. C’est de leur faute et de leur seule faute.
Que ce soit parce qu’on viole le résultat des urnes, parce qu’on organise des élections pipées dès le départ ou que l’on n’organise pas d’élections. Ce tyran est le seul responsable de ce qui lui arriverait. Il ne s’agit pas d’encourager les coups, mais de les reconnaitre comme légitimes en l’absence de démocratie.
Certains, mais ils se trompent, diront « certes, mais à partir du moment où ces tyrans sont renversés avec l’aide de puissances étrangères (CI, Lybie par exemple) », cela devient inacceptable. Ils se trompent de combat et ne regardent pas les choses en face. Pourquoi ?
D’une part le tyran part favori puisqu’il dispose de l’appareil d’Etat. Puisqu’il est légitime de trouver les voies et moyens d’être le plus fort pour prendre sa place, il est donc légitime d’appeler qui veut bien nous aider à y arriver, même si cette aide n’est pas désintéressée.
D’autre part, c’est complètement hypocrite de crier à l’intervention extérieure pour aider des rebelles alors même que le gouvernant (tyran ou pas) n’hésite pas à s’appuyer de toute l’aide qu’il peut quand il a besoin de mater des rebellions ou des révoltes. C’est pour cela qu’il existe des accords de défense entre pays. Ainsi au Bahreïn, l’Arabie Saoudite est intervenue (la même qui critique la Syrie, s’il était besoin de rappeler que les Etats n’agissent que par intérêt). Ainsi Kadhafi est intervenu dans divers pays africains pour aider tel ou tel. On ne peut pas crier au loup si d’autres interviennent chez lui. Ainsi Gbagbo a fait jouer les accords de défense pour arrêter la rébellion en 2004. Ainsi Deby a appelé la France pour mater sa rébellion. Dans ces cas là, on ne s’insurge pas trop, car étant au pouvoir, il doit « préserver l’intégrité de son territoire ». Il en a légitimité. Mais en dictature, l’opposant a lui aussi la légitimité d’utiliser la force. Toutes les forces.
Enfin ceux qui le crient sont souvent extérieurs au pays en question. Ils font donc eux-mêmes une ingérence dans ledit pays. Ce qu’ils reprochent aux autres. Dans le pays en question, les opposants sont prêts à accepter toute aide même extérieure, et les pro-pouvoirs, eux non plus n’hésitent pas à accepter toute aide extérieure. Je crois me souvenir qu’en Mars 2011 encore, un bateau d’armes sud-africaines voulait accéder au port d’Abidjan. Et que les armes russes continuaient d’arriver pour aider Kadhafi en Lybie, et continuent actuellement pour Al Assad. Parce que la Force est la loi.
On aura compris que ces cris d’orfraie ne sont que des tentatives de dénoncer un éventuel néo-colonialisme. Mais on n’en parlerait pas si le tyran avait mis en place le système démocratique. Il ne peut donc s’en prendre qu’à lui-même si un tapis de bombes lui tombent sur la tête.
Par contre, une fois que ce système démocratique est mis en place, il devient inacceptable que la force soit un moyen d’accès au pouvoir, aide extérieure ou pas. L’accession au pouvoir devait l’être par les élections.
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