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Publié dans : Egalité
Mercredi 27 juin 2012 3 27 /06 /Juin /2012 21:39

 

    En Tunisie, en Égypte, en Libye, nous avons assisté à ce que l'on a appelé printemps arabe. Pour schématiser des citoyens se sont mobilisés, d'abord pour demander un mieux-être, ensuite pour exiger la chute de celui qu'ils considéraient comme leur tyran et réclamer l'avènement de la démocratie.


    Dans cette quête, ils ont été suivis et soutenus par tous les « esprits nobles » épris de liberté, notamment en Occident. Le tyran parti, la suite logique était l'organisation des élections, législatives, municipales et/ou présidentielles. Partout, et même dans d'autres pays dont le « tyran » n'a pas été renversé (Maroc par exemple), le résultat des élections a vu les islamistes de ces pays arriver en tête. En ce jour même, le candidat des frères musulmans vient d'être élu président de l’Égypte.

    Nos amis à l'esprit noble ont tout de suite crié au loup. Car l'avènement des Islamistes signerait tout de suite la fin de la démocratie tant souhaitée. Ce genre de cris avait déjà été à l'honneur quand le Hamas a gagné les élections dans les territoires palestiniens.


    Ces gens ont ils raison de s'inquiéter de l'avènement par les urnes d'islamistes ?


    Tout d'abord, demandons nous pourquoi c'est vers la démocratie qu'il faudrait tendre, pourquoi tous ces peuples ont lutté et se sont sacrifiés pour des élections. La réponse, à mon sens, est simple et peut se résumer au slogan suivant : »Une personne, une voix » La démocratie est en effet le système qui consacre l'égalité. Car chacun veut que son opinion ait la même valeur que celle de quiconque. Rappelons qu'il sortait de systèmes monarcho-dictatoriaux où la volonté d'une personne était censée régir la vie de millions de personnes. On en conclut donc logiquement que si l'on réclame la démocratie, c'est que l'on pense que les hommes sont égaux. Il y a quelques temps, nous avions commis un article sur ce thème :Egalité et systèmes politiques... et la conclusion était la même.


    La démocratie étant le système qui a consacré ces partis islamiques, ils ne peuvent normalement pas remettre la démocratie en péril. Ils sont le choix de la majorité. Il n'y aurait donc rien à dire. Si ce n'est à ceux qui se plaignent que pour le coup ce sont eux qui ne respectent pas la démocratie. Car ils crient au loup parce que le résultat des urnes ne leur plaît pas. C'est donc un non respect de la volonté des peuples, et donc de la démocratie.


    Cela devait être dit. Mais attention. La seule volonté du peuple manifestée lors d'élections ne suffit pas à caractériser une démocratie. Si 90% des électeurs votent pour l'extermination des 10 autres%, on ne pourra pas parler de démocratie. Si un dirigeant élu muselle la presse ou l'opposition, on ne pourra pas parler de démocratie. De même, si un dirigeant élu entend imposer ses vues religieuses en restreignant les libertés, on ne pourra plus parler de démocratie.

    Nous avons jadis écrit que si l'on parlait d'égalité (et nous avons montré que la démocratie est le système qui se base sur l'égalité entre hommes), alors les lois doivent s'affranchir de morales personnelles, si non, l'on n'est jamais loin des restrictions de libertés. Ces développements se retrouvent dans l'article Le fondement des lois bonnes...


    Il est donc important, pour parachever une démocratie, que la régularité des élections, la liberté d'expression et d'opinion, et les libertés religieuses soient garanties. Toutes ces composantes étant indispensables. Pour ce qui est du plan religieux, la liberté est garantie par la laïcité.



    C'est sans doute cette crainte que nos beaux esprits avaient, mais répétons le, crier a priori suite à un résultat électoral, cela est un déni de démocratie. Constater des dérives d'un pouvoir, cela est légitime. Souhaitons que les peuples qui ont milité pour plus de démocratie sauront conserver la pression nécessaire pour garantir les libertés (et donc la laïcité), même avec des islamistes au pouvoir.

 

    Cela ne semble pas être une gageure insurmontable : La Turquie étant dans ce cas, l’Égypte et la Tunisie laissant indiquer des indices que les vainqueurs des élections sont sensibles à la pression populaire.













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