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Publié dans : Et le meurtrier est...
Samedi 5 mars 2011 6 05 /03 /Mars /2011 19:59

 

 

             Le commissaire Mebene rentra dans le bureau du nouveau sous-chef de la section Douanes de l’aéroport. Il venait d’interroger tous les employés en service le jour du drame et commençait à se faire une idée de l’ambiance de travail à l’aéroport. Il lui restait le plat de résistance, Jacques-Martin AKAM.  Celui-ci était un grand, légèrement malingre, et avait l’œil particulièrement vif. On devinait une intelligence aux aguets. Malgré la ventilation, il transpirait à grosses gouttes, malgré la présence d’un énorme ventilateur. Il indiqua un fauteuil et le commissaire s’assit.


-          Bonjour Monsieur AKAM, c’est ma venue qui vous donne des sueurs froides ?

-          Non M. le Commissaire, il fait une de ces chaleurs aujourd’hui…


-          Est-ce le bureau qu’occupait Mme Sandjong ? Vous n’avez pas trainé pour l’occuper. Même pas une période de deuil ?

-          Le deuil est du ressort de la famille. Probablement certains parmi nous sont tristes, mais le travail doit continuer. Le chef m’a assuré que le poste devenait mien.

 

-          Certains parmi vous sont tristes. Mais apparemment, vous, pas beaucoup. Je vais être direct. L’ensemble de vos collègues s’arrangent pour dire que celui qui avait le plus intérêt à son décès, celui qui à proféré des menaces à haute voix contre elle, c’est vous. Il va donc falloir que vous soyez convaincant.

-          Je ne l’aimais à c’est vrai. Elle m’a plusieurs fois poussé  à bout. Et c’est vrai que je l’ai menacée dans son dos et publiquement. Mais je ne suis pas fou au point de tuer. Et j’en avais parlé à ma hiérarchie, et mes réseaux s’activaient pour me trouver un autre poste. A priori j’allais être nommé ailleurs bientôt. J’imagine que cela ne va plus se faire, vu que j’hérite de ce poste. Je ne sais pas quoi dire d’autre.


-          Commencez par me raconter la journée de boulot d’hier.

 

-          La journée d’hier n’était pas facile. On a eu un avion en provenance d’Europe annulé et un autre dérouté sur Yaoundé dans l’après-midi à cause des conditions météo. Et ça pour nous, c’est synonyme d’activité réduite, si vous voyez ce que je veux dire.


-          Je ne suis pas là pour enquêter sur la corruption, mais je comprends que vous aviez moins de pigeons à arnaquer.

-          C’est vous qui l’aurez dit. En tout cas, Sandjong était très énervée par tout cela. Je crois qu’elle avait une de ses réunions ce soir là. Et elle aimait bien y aller avec les récoltes de la journée qu’elle distribuait en cadeaux. Sans doute le moyen pour elle d’asseoir sa domination. Ce jour là, elle n’a pas pu.


-          Rien de particulier vraiment ?

-          Si, elle a carrément franchi les limites de la discrétion. Elle a embêté une passagère totalement en règle. Et ce genre de choses peut faire tomber tout notre business parallèle. Parce que la plupart des gens que l’on arnaque sont fautifs. Ils sont donc contents d’arriver à négocier. Ils gagnent. On gagne.


-          Et l’Etat perd. Qu’à cela ne tienne, racontez moi l’épisode de la passagère.

-          Le vol Air France est arrivé. On aurait dit que les passagers s’étaient donné le mot, ils étaient tous en règle. A un moment, un petit est passé avec une boite de chocolat. Cela a eu le don suprême d’énerver encore plus Sandjong. Je crois qu’elle a dit textuellement « Regardez-moi ça, on donne de la confiture à un cochon. Les meilleurs chocolats de paris ! ». Quelques passagers plus loin, une dame élégante s’est présentée. Sandjong a méticuleusement fouillé toutes ses affaires. Mêmes ses affaires qui venaient du Duty Free. Elle lui a confisqué une boite de chocolat, la même que celle que le petit avait. La dame s’est offusquée. J’ai moi-même vérifié la facture.  Tout était normal. C’était bel et bien un achat du duty-free. Rien à redire. J’ai senti que la dame hésitait à provoquer une esclandre. Elle est restée quelques minutes sans rien dire. Puis elle a souri et est partie. C’est Enama, le bagagiste que vous voyez là-bas qui l’accompagnait.


-          Ce sont ces chocolats qui ont tué votre chef. Que s’est il passé quand la dame élégante est partie.

-          A ma grande surprise, Sandjong a ouvert la boite, là devant tout le monde, et a goûté un des chocolats. Elle avait l’air vraiment heureuse. Je ne savais pas qu’un simple chocolat pouvait provoquer ce genre de réaction. Comme si elle venait de gagner la coupe du monde. Puis elle est allée déposer la boite dans son bureau, le temps de terminer son service. Une heure plus tard environ.


-          Quelqu’un aurait il pu s’en approcher ?

-          Les bureaux ne ferment pas à clé. Pour aller aux toilettes on passe devant son bureau. Tout le monde aurait pu s’en approcher. Mais qui aurait osé ? Si ce dragon vous chopait dans ses affaires, la punition aurait été terrible.


-          Etes vous allé au toilettes dans ce laps de temps ?

-          Oui, deux fois.


-          C’est bien ce qu’on m’a dit. Restez à disposition monsieur…

 

 

Ceci est le second épisode de cette énigme. Retrouvez les autres épisodes ci-dessous


 

Le premier: Meurtre en sucre à la douane: présentation de l'énigme

 

Le second: Meurtre en sucre à la douane (2): Interrogatoire à la douane...

 

Le troisième: Meurtre en sucre à la douane (3): interrogatoire d'Enama...

 

Le quatrième Meurtre en sucre à la douane (4): interrogatoire d'Eléonore Demanou...

 

Le cinquième Meurtre en sucre à la douane (5): Interrogatoire de Cécile

 

Le dernier Meurtre en sucre à la douane (6): Interrogatoire du mari de la victime

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